Vous confondez cash flow et capital ? Dommage pour vous…

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J’ai suivi à distance tous les cours d’un de mes proches qui a effectué un MBA chez HEC il y a 3 ans (enfin, presque tous les cours, certains – comme « supply chain » par exemple – m’ont brisé les rognons). J’y ai appris plein de choses. Et ça m’a amusé que le cours de finance d’entreprise mette le doigt sur quelque chose que j’avais compris de mon côté en finances personnelles.

Et voici la chose en question : la première cause de faillite d’une entreprise, ce n’est pas d’avoir une rentabilité insuffisante. De ne pas avoir de clients pour ses produits. D’avoir une structure trop lourde, des « managers » pas assez « agiles », de n’avoir pas verrouillé leur part de marché, de ne pas avoir fait d’investissements en R&D, ou que sais-je encore. Non.

La première cause de faillite, c’est le cash flow. Lorsque vous avez des coûts fixes et réguliers, et un « BFR » (besoin en fond de roulement) important, lorsque vous n’avez pas de cash pour les payer et que vos clients payent à 90 jours par exemple, vous coulez. Il faut un flot, ou une réserve suffisante, de thunes. De pèse. De blé. De l’oseille. Du pognon. De la fraîche, quoi. Et c’est très différent d’une bonne rentabilité.

De la même manière, il ne faut pas confondre les différentes sources d’enrichissement.Je vais parler ici comme tous ceux qui parlent en termes de « piliers » sur le net, mais nous aurons l’occasion de rediscuter cette classification.

L’immobilier (qui est un sorte d’entrepreneuriat destiné à répondre à un des besoins élémentaires de Maslow, rien de plus) vous aidera à construire un capital (en utilisant d’ailleurs l’effet de levier, dont nous parlerons ultérieurement). Un patrimoine. Que vous pourrez convertir en cash dans dix ans par exemple. Vous y lancer aujourd’hui ne vous donnera pas des piècettes pour aller faire le marché la semaine prochaine.

La bourse (ce qui est un terme très générique et semble mélanger, vu de loin, la participation à l’entrepreneuriat par son financement et le pari de type « casino » de l’échange des titres sur le second marché – mais il y a plus encore), qu’il faut aussi apprendre au plus tôt, vous permettra de rester riche. Mais généralement pas de le devenir. Quels que soient les fantasmes que vous entretenez sur les golden boys. Imaginez que vous fassiez un travail de recherche et de suivi hors du commun, que vous soyez d’une intelligence démoniaque, le tout appuyé par une intuition de l’ordre du divin. Vous acheter un titre, persuadé du jackpot, et il fait +500% en trois mois. Vous conviendrez avec moi que c’est plutôt un bon investissement… Eh bien, si vous n’aviez que 100 balles à mettre dessus, vous aurez gagné 500 € en trois mois, soit une moyenne d’un peu plus de 150 euros par mois. Je ne sais pas si vous vivez bien avec ça, mais ça me paraît léger… Surtout qu’une fois utilisée cette manne pour faire les courses, vous vous retrouvez à n’avoir que 100 euros à investir. Ne vous laissez pas trop impressionner par ceux qui ne vous parle que de croissance exponentielle, ça ne marche que dans certaines conditions, et dans l’exemple donné, vous n’y êtes clairement pas. (Et du +500% en trois mois à chaque investissement, faut pas déconner non plus).

L’entrepreneuriat, enfin, que j’utilise ici dans un sens extrêmement large, allant de la création d’entreprise avec levée de fond et  tout, à la mise en place d’un business sur le web, en passant par la proposition de ses services de coach/relookeur/décorateur/conférencier/biographe/whatever, la publication d’un bouquin, la création d’une chaîne Youtube ou la vente de ses cendriers créatifs en rotin le dimanche matin sur le marché. L’entrepreneuriat sera, lui, de nature à vous générer un cash flow. Mais, en règle générale, pas de vous constituer un capital, même si les boîtes qui cartonnent (de nos jours, certaines startups technos par exemple) sont parfois revendues pour une somme mirobolante.

 

Si vous voulez vous libérer, il est important de bien comprendre ces différences, et tel le capitaine du bateau de votre vie (ce que vous êtes, en théorie, si vous cherchez à vous libérer), à doser chacun selon les moments.

Pour aller plus loin, restez avec moi, nous progresserons sur le sujet.

    Libre Matt

    Matt a cessé de travailler à 41 ans, après avoir acquis son indépendance financière. Pas plus intéressé par ses emplois d'ingénieur que par l'idée d'être le plus riche du cimetière, il s'expatrie régulièrement en famille et vit librement ses passions.Il pratique donc de nouveau sa formation de doctorat (l'astrophysique), pratique la musique et en compose, tient un blog et plusieurs chaînes Youtube... Et, à temps partiel bien entendu, vous aide à vous libérer vous aussi grâce à ce site.

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