Bourse : mieux que l’analyse technique, le vaudou haïtien

voyante-bourse

Lorsque je me suis intéressé aux investissement boursier, j’ai, comme à mon habitude, creusé le sujet à fond : livres, sites internet, intégration (et prise du rôle de secrétaire) d’un club d’investissement, séance de coaching boursier à 500 € de l’époque… J’y suis allé à fond.

Un des outils qu’on retrouve le plus souvent, sur le net, dans les forums, et même dans les coaching hors de prix, c’est l’analyse technique. Ou sa partie la plus visuelle, l’analyse graphique.

Si vous décidez de vous former en lisant des sites, c’est probablement ce que vous allez le plus retrouver. Côté graphique, vous allez découvrir l’existence des chandeliers japonais. De résistances. De têtes et d’épaules. De figures de consolidation, comme les triangles symétriques. Vous allez côtoyer des marteaux et des étoiles filantes. Des double-top et des double-bottom.

Vous repérerez des étoiles du soir et du matin. Des avalements. Des nuages noirs.

Puis vous allez vous lancer dans les suite de Fibonacci. Vous tracerez des moyennes mobiles glissantes sur différentes échelles de temps. Et des bandes de Bolinger.

Convaincu comme Aristote qu’on peut tout diviser en un début, un milieu et une fin, vous chercherez partout des phases de Dow et des vagues d’Eliott.

Puis enfin vous deviendrez vraiment sérieux.

Vous vous lancerez dans des évaluateurs mathématiques bien plus avancés. Du RSI. Du MACD. De la DMI. De l’ADX.

Vous construirez des oscillateurs stochastiques, des %K et des %D

Si tout ceci existe, et si les forums sont remplis de spécialistes énonçant leurs analyses surcomplexes avec autant d’aplomb, c’est qu’il y a bien une raison, non ? Si les traders pros s’y intéressent, ça prouve bien qu’il y a quelque chose, qu’en pensez-vous ?

Et puis, si tous les pharmaciens vendent de l’homéopathie, ce n’est pas par hasard. Si les magnétiseurs et les voyantes ont pignon sur rue, ça montre bien qu’il y a quelque chose. Si le salon du surnaturel est si immense tous les ans à la porte de Versailles à Paris, on peut en tirer des conclusions : il n’existent pas autant de gens bêtes, n’est-ce pas ?

Vous voyez où je veux en venir, je suppose.

Ce qui est merveilleux pour un scientifique dans l’analyse technique, c’est qu’elle n’est pas « falsifiable ». L’adepte a toujours une porte de sortie. Parce qu’on trouve sur le graphe de n’importe quel cours toutes les figures à toutes les échelles. Si quelqu’un prédit que ça va baisser et qu’en fait ça monte, il aura toujours une possibilité de vous sortir une nouvelle figure pour justifier a posteriori l’évolution de l’action (ou de la monnaie, ou de la matière première, ou du produit dérivé… Ça marche sur tout !)

Ma figure favorite entre toutes, c’est le gap. Il se produit lorsqu’un cours d’ouverture n’est pas dans la gamme de prix à laquelle s’est échangée une action la veille (si on travaille à l’échelle de la journée). La grande croyance mystique, c’est « qu’un gap doit toujours être comblé ». Entendez par là que le cours passera un jour par la « valeur manquante ». Vous ne pouvez pas vous planter. Tant que ce n’est pas le cas, c’est que le gap n’est pas encore comblé. Mais « il faudra bien qu’il soit comblé un jour »… Notez que vous pourriez dire ça de n’importe quelle valeur de cours qui ne soient pas un gap, ça ferait la même chose…

Ça m’a fait plaisir, à l’époque, lorsque j’ai lu le livre A Random Walk Down Wall Street (en français, Une marche au hasard à travers la bourse). Enfin un chercheur qui prenait une par une les théorie de l’analyse technique et les testait sur les dizaines de milliers de cours dont on a un historique sur des décennies, voir des siècles… A votre total étonnement, figurez-vous que le chercheur en question montre la chose suivante :

L’analyse technique, c’est du bidon.
Utilisez le Vaudou pour choisir vos actions, ce sera aussi efficace et plus rigolo.

Au final, peut-on investir proprement en bourse ? Bien entendu ! Mais pas comme ça… Je vous y aiderai.

    Libre Matt

    Matt a cessé de travailler à 41 ans, après avoir acquis son indépendance financière. Pas plus intéressé par ses emplois d'ingénieur que par l'idée d'être le plus riche du cimetière, il s'expatrie régulièrement en famille et vit librement ses passions.Il pratique donc de nouveau sa formation de doctorat (l'astrophysique), pratique la musique et en compose, tient un blog et plusieurs chaînes Youtube... Et, à temps partiel bien entendu, vous aide à vous libérer vous aussi grâce à ce site.

    Click Here to Leave a Comment Below

    Leave a Reply: